Contre-expertise toiture : que faire face à une assurance récalcitrante
Face à une assurance qui refuse ou sous-évalue des travaux de toiture, découvrez les démarches concrètes à suivre pour faire valoir vos droits et obtenir une indemnisation équitable.

Le couvreur chiffre 14 800 € HT de remise en état après une tempête. L’expert mandaté par l’assurance retient 8 900 €. Entre les deux : 5 900 € d’écart. Pour le propriétaire, la conclusion est immédiate : « l’assurance refuse de payer ». Pour le couvreur, le dossier mérite d’être analysé beaucoup plus précisément.
L’écart peut venir d’un poste oublié, d’une quantité différente, d’une vétusté appliquée, d’un dommage considéré comme antérieur au sinistre, d’une réparation jugée suffisante là où le couvreur préconise une réfection plus large, ou tout simplement d’une différence d’appréciation technique.
Lorsque le désaccord persiste, une contre-expertise toiture peut permettre de confronter les analyses. Mais elle ne consiste pas simplement à envoyer un deuxième devis plus élevé. Pour être utile, le dossier doit expliquer techniquement pourquoi les travaux demandés sont nécessaires et distinguer clairement le dommage lié au sinistre de l’état antérieur de la couverture.
Voici comment comprendre une expertise contestée, préparer une contre-expertise et documenter un dossier lorsque l’assurance refuse ou sous-évalue tout ou partie des travaux de toiture.
Qu’est-ce qu’une contre-expertise toiture ?
Lorsqu’un assuré conteste les conclusions de l’expert désigné par son assurance, il peut faire appel à un autre expert de son choix afin qu’il analyse à son tour le sinistre.
France Assureurs décrit la contre-expertise comme l’intervention d’un deuxième expert, choisi par l’assuré, qui réalise une expertise amiable contradictoire avec l’expert de l’assureur.
Vous pouvez consulter les explications de France Assureurs sur la contre-expertise.
Dans un dossier de toiture, le désaccord peut notamment porter sur :
- l’origine des dégâts ;
- la surface réellement endommagée ;
- la possibilité d’une réparation partielle ;
- la nécessité de remplacer des éléments associés ;
- le coût des moyens d’accès ;
- la prise en compte de la zinguerie ;
- l’état du support sous la couverture ;
- la vétusté ;
- le montant global des travaux.
Dans quelles situations peut-on contester une expertise d’assurance toiture ?
Un désaccord sur le montant ne signifie pas automatiquement que l’expertise est erronée. Il faut d’abord identifier précisément ce qui sépare les deux évaluations.
Une contestation peut notamment être envisagée lorsque :
- une partie des dégâts constatés n’apparaît pas dans l’évaluation ;
- le lien entre le sinistre et certains dommages est contesté ;
- l’expert retient une réparation ponctuelle que le couvreur estime techniquement insuffisante ;
- un poste indispensable au chantier n’a pas été intégré ;
- les quantités retenues diffèrent fortement de celles relevées sur place ;
- le coût d’accès ou de sécurisation paraît sous-évalué ;
- des éléments découverts lors d’une dépose n’ont pas encore été pris en compte.
Avant toute contestation, il est utile de reprendre le dossier depuis le début et de vérifier les éléments transmis lors de la première expertise. Notre guide sur la manière de préparer une expertise d’assurance après un sinistre toiture détaille les photographies, relevés et documents utiles.
Pourquoi le devis du couvreur et l’estimation de l’expert peuvent-ils être différents ?
Les deux documents n’ont pas exactement le même rôle.
Le couvreur établit généralement le prix auquel son entreprise peut effectuer les travaux. Il prend en compte ses matériaux, son organisation, le temps prévu, les moyens d’accès, les déchets, la sécurité et sa marge.
L’expert intervient quant à lui dans le cadre du dossier d’assurance. Il analyse les dommages, leur origine et leur étendue, puis les éléments nécessaires à l’évaluation du sinistre.
Il est donc possible que deux professionnels partent du même toit mais ne produisent pas exactement le même chiffrage.
L’objectif d’une contestation sérieuse n’est pas de dire :
« Mon devis est de 14 800 €, donc l’assurance doit payer 14 800 €. »
Il faut plutôt demander :
« Quels postes expliquent précisément les 5 900 € d’écart ? »
Simulation : 14 800 € de travaux contre 8 900 € retenus
Prenons un cas fictif mais réaliste dans sa logique.
| Poste | Devis couvreur | Évaluation retenue | Écart |
|---|---|---|---|
| Couverture | 7 200 € | 5 600 € | 1 600 € |
| Échafaudage / accès | 2 100 € | 1 200 € | 900 € |
| Écran sous-toiture | 1 800 € | 0 € | 1 800 € |
| Zinguerie | 1 400 € | 1 100 € | 300 € |
| Autres travaux | 2 300 € | 1 000 € | 1 300 € |
| Total | 14 800 € | 8 900 € | 5 900 € |
Le bon réflexe consiste alors à traiter les différences ligne par ligne.
Pourquoi 7 200 € de couverture contre 5 600 € ? Pourquoi l’écran sous-toiture est-il totalement écarté ? Pourquoi les moyens d’accès diffèrent-ils de 900 € ?
Une contestation détaillée est beaucoup plus exploitable qu’un simple courrier affirmant que l’indemnisation est insuffisante.
Cas utilisateur : l’assurance prévoit 25 tuiles, le couvreur en compte 67
Une tempête endommage un versant en tuiles mécaniques. Après expertise, le dossier retient le remplacement de 25 éléments.
Le couvreur effectue ensuite une inspection rapprochée depuis l’échafaudage. Il relève :
- 31 tuiles cassées ou fissurées ;
- 18 tuiles déplacées présentant des éclats ;
- 12 tuiles supplémentaires fragilisées autour d’une zone d’impact ;
- 6 éléments de rive endommagés.
Total :
31 + 18 + 12 + 6 = 67 éléments.
Le couvreur ne doit pas simplement écrire « il faut 67 tuiles ».
Il peut préparer :
- une vue générale du versant ;
- des photographies rapprochées ;
- un repérage des zones ;
- le décompte des éléments ;
- une explication sur leur état.
L’écart devient alors techniquement vérifiable.
L’assurance peut-elle refuser une partie du devis du couvreur ?
Le devis du couvreur n’est pas automatiquement égal à l’indemnité d’assurance.
La prise en charge dépend notamment :
- du contrat souscrit ;
- des garanties applicables ;
- de la cause du sinistre ;
- de l’état antérieur de la toiture ;
- de la vétusté éventuellement prévue ;
- de la franchise ;
- des conclusions de l’expertise.
Pour comprendre ces mécanismes avant de contester un montant, consultez notre article sur la vétusté, la franchise et l’indemnisation d’une toiture.
Quels postes sont fréquemment à l’origine d’un désaccord ?
La réparation partielle ou la réfection d’une zone plus importante
L’expert peut considérer que le remplacement de quelques éléments suffit alors que le couvreur estime qu’une intervention plus large est nécessaire pour réaliser correctement la réparation.
Dans ce cas, le couvreur doit expliquer pourquoi.
Une phrase comme :
« Il faut refaire tout le pan »
est beaucoup moins convaincante que :
« La tuile d’origine n’est plus fabriquée, le modèle proposé en remplacement ne s’emboîte pas avec l’existant et une réparation ponctuelle ne permet pas de restituer correctement la couverture sur cette zone. »
Les moyens d’accès
Un échafaudage, une nacelle ou un dispositif particulier de protection peut représenter une part importante du devis.
Si le poste est contesté, il faut montrer pourquoi ce moyen est nécessaire :
- hauteur du bâtiment ;
- pente ;
- configuration de la façade ;
- durée du chantier ;
- zone d’intervention ;
- contraintes d’accès.
L’écran sous-toiture
Un écran déchiré sous des tuiles arrachées peut être visible uniquement après une inspection rapprochée ou une dépose.
Le point de discussion devient alors : le dommage constaté est-il bien consécutif au sinistre déclaré ou était-il antérieur ?
La zinguerie
Une tempête peut déplacer des éléments métalliques ou détériorer un raccord sans que le défaut soit évident depuis le sol.
La charpente ou le support
Une pièce de bois fissurée découverte sous la couverture peut provoquer un débat similaire sur son ancienneté et sur le lien avec l’événement déclaré.
Cas utilisateur : l’écran sous-toiture est refusé parce qu’il n’apparaissait pas sur les premières photos
Après une rafale, une vingtaine de tuiles sont arrachées. Le couvreur intervient rapidement pour réaliser une mise hors d’eau.
Les premières photographies montrent surtout la couverture.
Au moment de la réparation définitive, plusieurs tuiles sont déposées. Le couvreur découvre une déchirure de l’écran sur environ 7 m².
L’écran n’avait pas été photographié lors de la première visite parce qu’il était encore partiellement masqué.
Pour documenter la situation, le couvreur réalise :
- une photographie générale après dépose ;
- des gros plans des déchirures ;
- une mesure de la surface ;
- une photographie montrant la correspondance avec la zone touchée en couverture ;
- une note expliquant les conditions de découverte.
Il ne prétend pas décider lui-même de la prise en charge. Il apporte des éléments techniques nouveaux permettant au dossier d’être réexaminé.
Quel est le rôle du couvreur lors d’une contre-expertise ?
Le couvreur n’est pas l’arbitre du litige entre l’assuré et l’assureur.
Son rôle est avant tout technique.
Il peut notamment :
- décrire précisément les dégâts visibles ;
- mesurer les surfaces et quantités ;
- photographier les désordres ;
- expliquer sa méthode de réparation ;
- justifier les moyens d’accès ;
- distinguer les réparations provisoires des travaux définitifs ;
- expliquer pourquoi un poste est indispensable ;
- mettre à jour son devis si de nouveaux dommages apparaissent.
Il doit en revanche éviter d’affirmer ce qui ne relève pas de son rôle, par exemple :
« Votre assurance est obligée de payer cette somme. »
Une formulation plus prudente est :
« Ces travaux me paraissent techniquement nécessaires pour remettre cette zone de toiture en état. La décision de prise en charge relève ensuite de votre assureur selon votre contrat et le dossier d’expertise. »
Comment préparer un dossier technique solide avant une contre-expertise ?
Le dossier doit permettre à quelqu’un qui n’était pas présent sur le toit de comprendre le sinistre.
1. Des vues générales
- bâtiment ;
- façade ;
- versant concerné ;
- zone sinistrée dans son environnement.
2. Des vues intermédiaires
- groupe de tuiles endommagées ;
- rive ;
- faîtage ;
- noue ;
- cheminée ;
- zone de zinguerie.
3. Des gros plans
- cassure ;
- fissure ;
- fixation arrachée ;
- liteau cassé ;
- écran déchiré ;
- trace d’impact.
4. Des mesures
Une photographie d’une fissure n’indique pas toujours son importance. Une règle, un mètre ou une mesure inscrite dans le rapport peut rendre l’information beaucoup plus exploitable.
5. Un devis poste par poste
Évitez si possible une seule ligne du type :
« Réparation toiture après tempête : 12 500 € HT »
Un devis destiné à être lu dans un dossier d’assurance gagne à distinguer les différents travaux. Retrouvez notre guide pour établir un devis de toiture après une tempête.
Comment comparer le devis du couvreur et l’expertise ligne par ligne ?
Une méthode simple consiste à construire un tableau de rapprochement.
| Poste | Devis couvreur | Montant / quantité retenu | Justification de l’écart |
|---|---|---|---|
| Tuiles | 67 éléments | 25 éléments | Relevé photographique à joindre |
| Échafaudage | 2 100 € | 1 200 € | Accès complet nécessaire au pan |
| Écran | 7 m² | Non retenu | Dégât découvert après dépose |
| Zinguerie | 1 400 € | 1 100 € | Raccord supplémentaire à reprendre |
Cette présentation transforme un désaccord global en plusieurs questions précises pouvant être discutées séparément.
Cas utilisateur : l’assurance accepte les tuiles mais pas l’échafaudage
Sur une maison de deux niveaux, l’expert valide la réparation de la couverture mais estime trop élevé le poste d’échafaudage.
Le couvreur ne se contente pas de maintenir son prix.
Il joint au dossier :
- une photographie de la façade ;
- la hauteur de travail ;
- la longueur de façade à protéger ;
- la durée prévue de l’intervention ;
- le devis du prestataire d’échafaudage.
Le débat porte désormais sur un poste précis et documenté, et non sur l’impression générale que « le devis est trop cher ».
Que faire si l’expert considère les dégâts comme antérieurs au sinistre ?
C’est l’un des désaccords les plus délicats.
Une toiture peut présenter une usure ancienne et subir malgré tout un dommage nouveau.
Inversement, un défaut découvert juste après une tempête n’a pas nécessairement été provoqué par cette tempête.
Le couvreur doit donc décrire ce qu’il observe sans inventer une chronologie qu’il ne peut pas démontrer.
Il peut relever :
- une cassure récente en apparence ;
- des traces d’oxydation anciennes ;
- un bois anciennement noirci ;
- une fixation fraîchement arrachée ;
- une différence entre deux zones de couverture ;
- des photographies du toit antérieures au sinistre lorsqu’elles existent.
Cas utilisateur : une fuite ancienne et des tuiles arrachées le même jour
Après un épisode de vent, le propriétaire découvre une infiltration importante.
L’inspection montre deux phénomènes distincts :
- des tuiles récemment arrachées sur la partie haute du rampant ;
- un solin fortement fissuré avec des traces anciennes de reprise au mastic.
Le couvreur évite de présenter l’ensemble comme un seul dommage.
Dans son rapport, il distingue :
Zone A : dommages compatibles avec l’événement récent.
Zone B : désordre présentant des signes d’ancienneté.
Cette distinction renforce la crédibilité du document : le rapport n’essaie pas de faire entrer tous les défauts du toit dans le même sinistre.
Faut-il demander le rapport d’expertise ?
Lorsque l’assuré conteste une décision, il est utile de disposer d’un maximum d’éléments permettant de comprendre sur quoi elle repose.
Le point essentiel pour le couvreur est surtout d’identifier précisément les postes, quantités ou travaux qui ne sont pas retenus afin de pouvoir répondre techniquement.
Une contestation qui ignore le raisonnement déjà produit risque simplement de répéter le premier devis.
Qui paie la contre-expertise ?
Il faut vérifier le contrat d’assurance.
France Assureurs précise que les frais du deuxième expert peuvent rester à la charge de l’assuré, tous les contrats ne prévoyant pas nécessairement une garantie prenant en charge les honoraires d’expert.
Avant d’engager des frais, l’assuré a donc intérêt à vérifier :
- son contrat ;
- les garanties complémentaires ;
- le plafond éventuel ;
- la franchise ou les conditions particulières applicables.
Qu’est-ce qu’un expert d’assuré ?
Dans ce contexte, l’assuré peut choisir un expert différent de celui mandaté par l’assurance afin de défendre son analyse du dossier et de participer à une expertise contradictoire.
Il ne faut pas confondre son rôle avec celui du couvreur.
Le couvreur décrit les travaux nécessaires dans son domaine et établit son devis.
L’expert d’assuré intervient dans la discussion d’expertise et l’analyse du sinistre.
Les deux peuvent donc travailler à partir des mêmes photographies, relevés et devis, mais leurs fonctions restent différentes.
Comment se déroule une expertise contradictoire ?
Le principe est de permettre aux analyses des deux experts d’être confrontées.
Sur une toiture, la discussion peut par exemple porter sur :
- la zone réellement touchée ;
- l’origine d’une infiltration ;
- le caractère réparable ou non d’un élément ;
- le nombre de tuiles à remplacer ;
- la nécessité d’une dépose plus large ;
- le coût des travaux nécessaires.
Pour le couvreur, l’intérêt est d’avoir préparé avant cette réunion un dossier suffisamment clair pour ne pas devoir reconstruire toutes les informations sur place.
Que se passe-t-il si les deux experts ne sont toujours pas d’accord ?
France Assureurs indique que lorsqu’aucun accord n’est trouvé entre l’expert de l’assuré et celui de l’assureur, un troisième expert peut intervenir dans le cadre d’une tierce expertise.
Selon cette même source, les frais de cet expert sont alors partagés entre les parties selon les modalités indiquées pour cette procédure.
Si le litige persiste encore, d’autres recours peuvent être envisagés selon la situation.
Faut-il passer directement à la contre-expertise ?
Pas nécessairement.
Lorsqu’un écart résulte simplement d’une information manquante, il peut être plus efficace de commencer par transmettre le complément.
Exemple :
- l’expert n’avait pas vu l’écran déchiré ;
- le couvreur le découvre lors d’une dépose ;
- il photographie la zone ;
- il ajoute un poste détaillé au devis ;
- le dossier est transmis pour réexamen.
Une véritable contre-expertise devient surtout pertinente lorsque le désaccord technique ou financier demeure après les échanges.
Comment rédiger une contestation d’expertise toiture ?
Le courrier doit rester court, précis et documenté.
Il n’est généralement pas utile d’écrire trois pages pour exprimer son mécontentement. L’objectif est d’indiquer clairement ce qui est contesté et de joindre les justificatifs.
Exemple :
Objet : contestation de l’évaluation du sinistre toiture – dossier n° XXXXX
Madame, Monsieur,
À la suite de l’expertise réalisée concernant le sinistre déclaré le [date], je souhaite demander le réexamen de plusieurs postes de l’évaluation proposée. Le devis du couvreur fait notamment apparaître des dommages et travaux qui ne semblent pas avoir été intégralement retenus : [indiquer brièvement les postes].
Vous trouverez ci-joints le devis détaillé, les photographies et les éléments techniques correspondants. Je vous remercie de bien vouloir réexaminer ces points et de m’indiquer les suites données à ma demande.
Cordialement.
Le ton factuel est généralement plus utile qu’une formulation du type : « votre expert refuse de payer ma toiture ».
Quelle différence entre refus de garantie et désaccord sur le montant ?
Il faut bien distinguer deux situations.
L’assurance refuse la garantie
Le désaccord porte sur la prise en charge elle-même : événement non garanti, exclusion invoquée, dommage considéré comme non lié au sinistre ou autre motif contractuel.
L’assurance accepte le sinistre mais le montant est contesté
L’accord existe sur le principe, mais pas sur l’étendue ou le coût des travaux.
La stratégie documentaire n’est pas exactement la même.
Dans le second cas, un comparatif poste par poste entre expertise et devis est particulièrement utile.
Pour comprendre plus globalement les situations de prise en charge, consultez notre guide sur les travaux de toiture et l’assurance après un sinistre.
Que faire lorsque l’assurance ne répond plus ?
Lorsqu’un désaccord ne peut pas être réglé avec l’interlocuteur habituel, l’assuré peut utiliser les voies de réclamation prévues par son assureur.
Si le litige persiste après ces démarches, la Médiation de l’Assurance peut constituer une voie amiable pour les litiges entrant dans son champ de compétence.
La Médiation précise qu’il faut avoir préalablement exprimé son mécontentement auprès du professionnel et qu’un dossier complet doit notamment contenir le contrat, les échanges et les documents en lien avec le litige.
Consultez les étapes officielles de la Médiation de l’Assurance.
Quels documents conserver en cas de contestation ?
- contrat d’assurance ;
- déclaration de sinistre ;
- photographies prises juste après l’événement ;
- photographies avant toute réparation ;
- rapport ou éléments de l’expertise disponibles ;
- devis du couvreur ;
- facture de mise hors d’eau ;
- photographies après dépose ;
- factures ou références des matériaux ;
- échanges avec l’assureur ;
- courriers de réclamation ;
- documents du contre-expert le cas échéant.
La Médiation de l’Assurance recommande elle-même de constituer un dossier clair comprenant notamment le contrat, la position de l’assureur, les réclamations et les documents liés au litige.
Cas utilisateur : 4 500 € d’écart disparaissent après une dépose partielle
Une toiture a été endommagée par la grêle. Le premier devis prévoit une reprise de 18 600 €.
L’évaluation initiale retient 14 100 €.
Écart :
18 600 - 14 100 = 4 500 €.
Le principal désaccord porte sur la partie basse du rampant, dont l’état n’était pas visible sans dépose.
Lors de la préparation du chantier, quelques rangs sont démontés en accord avec le déroulement du dossier. Le couvreur photographie :
- plusieurs liteaux éclatés ;
- un écran perforé ;
- deux fixations de rive arrachées.
Le devis est complété avec des photographies et des quantités précises.
Le nouvel élément important n’est pas une argumentation plus agressive : ce sont des informations techniques qui n’existaient pas lors de la première évaluation.
Pourquoi la mise hors d’eau doit-elle être séparée des réparations définitives ?
Après un sinistre important, le couvreur peut intervenir avant l’expertise pour éviter une aggravation des dégâts.
Cette intervention provisoire doit être clairement documentée et distinguée de la remise en état définitive.
Par exemple :
| Intervention d’urgence | Réparation définitive |
|---|---|
| Bâchage | Remplacement de couverture |
| Dépose d’un élément dangereux | Reprise de la charpente |
| Fermeture provisoire | Reprise de l’étanchéité |
| Sécurisation immédiate | Travaux durables |
Notre article sur la mise hors d’eau d’une toiture après sinistre explique comment documenter cette première intervention.
Le couvreur doit-il modifier son devis pour s’aligner sur l’expertise ?
Pas simplement pour faire coïncider les montants.
Le couvreur reste responsable de son propre chiffrage et des travaux qu’il propose.
S’il peut trouver une solution technique différente et moins coûteuse, il peut naturellement établir une nouvelle proposition.
En revanche, supprimer un poste qu’il considère réellement indispensable uniquement parce qu’il n’a pas été retenu dans l’évaluation peut créer un autre problème : le chantier réalisé ne correspondrait plus à ce qu’il estime nécessaire.
Il faut alors distinguer :
- ce que l’entreprise juge nécessaire techniquement ;
- ce que l’assurance accepte de prendre en charge ;
- ce que le client décide finalement de commander.
Cas utilisateur : le client demande au couvreur de « mettre le devis au montant de l’assurance »
Un client reçoit une proposition d’indemnisation calculée sur 9 700 € de travaux alors que le devis du couvreur atteint 12 300 €.
Il appelle l’entreprise :
« Pouvez-vous refaire votre devis à 9 700 € comme l’assurance ? »
Le couvreur reprend les postes. Il identifie une option de finition permettant d’économiser 600 €, mais considère que le reste des travaux ne peut pas être supprimé sans modifier la réparation.
Il explique donc au client :
« Je peux vous proposer une variante sur ce poste, mais je ne peux pas enlever les travaux que je considère nécessaires à la remise en état de la toiture. »
Cette position protège à la fois le client et l’entreprise.
Comment documenter un désaccord avec des photos efficaces ?
Dix photographies presque identiques sont moins utiles que quatre photographies organisées.
Pour chaque défaut important, le couvreur peut utiliser une série simple :
- Vue générale : où se trouve le problème ?
- Vue intermédiaire : quelle zone est concernée ?
- Gros plan : quel est exactement le dommage ?
- Mesure : quelle quantité ou dimension peut être relevée ?
Le nom des fichiers ou leur légende peut également être explicite :
- Versant-ouest-zone-impact.jpg
- Ecran-dechire-7m2.jpg
- Rive-fixations-arrachees.jpg
Checklist avant de contester une expertise toiture
| Point à vérifier | Question |
|---|---|
| Garantie | Le sinistre est-il accepté sur le principe ? |
| Expertise | Quels dommages ont été retenus ? |
| Devis | Les postes sont-ils suffisamment détaillés ? |
| Quantités | Les écarts peuvent-ils être mesurés ? |
| Photos | Chaque poste contesté est-il documenté ? |
| État antérieur | Peut-on distinguer l’ancien du récent ? |
| Accès | Les moyens d’accès sont-ils justifiés ? |
| Nouveaux dégâts | Des éléments ont-ils été découverts après dépose ? |
| Contrat | Les honoraires de contre-expert sont-ils prévus ? |
| Réclamation | Une demande écrite et précise a-t-elle déjà été envoyée ? |
FAQ sur la contre-expertise d’une toiture
Peut-on contester l’expertise de l’assurance après un sinistre toiture ?
Oui. En cas de désaccord, l’assuré peut demander un réexamen et, si nécessaire, faire intervenir un autre expert pour une expertise contradictoire. Les modalités et la prise en charge éventuelle des honoraires doivent être vérifiées dans le contrat.
Qui paie le contre-expert ?
Cela dépend notamment du contrat. France Assureurs précise que les frais du deuxième expert peuvent rester à la charge de l’assuré si aucune garantie spécifique ne prévoit leur prise en charge.
Le devis du couvreur s’impose-t-il à l’assurance ?
Non. Le devis décrit le prix et les travaux proposés par l’entreprise. L’indemnisation dépend du contrat, du sinistre, de l’expertise et des conditions de prise en charge.
Que faire si l’expert oublie une partie des dégâts ?
Il faut documenter précisément les dommages concernés avec photographies, mesures, devis détaillé et explications techniques, puis transmettre ces éléments pour demander leur réexamen.
Que faire si des dégâts sont découverts après dépose ?
Il est important de les photographier immédiatement, de relever leur localisation et leur ampleur et de compléter le dossier avant de poursuivre les travaux lorsqu’une validation est nécessaire.
Peut-on demander une contre-expertise si l’assurance refuse totalement la prise en charge ?
Un refus de garantie et un désaccord sur le montant sont deux situations différentes. Il faut d’abord comprendre et contester, le cas échéant, le motif précis du refus, puis choisir le recours adapté au contrat et au dossier.
Quelle différence entre expert d’assurance et expert d’assuré ?
L’expert mandaté par l’assurance intervient dans le cadre du dossier de l’assureur. En cas de désaccord, l’assuré peut faire appel à son propre expert afin de participer à une expertise contradictoire.
Qu’est-ce qu’une tierce expertise ?
Lorsque les deux experts ne parviennent pas à s’accorder, un troisième expert peut être sollicité pour tenter de trancher le désaccord technique.
Le couvreur peut-il défendre son devis pendant l’expertise ?
Le couvreur peut expliquer techniquement les travaux, quantités et méthodes qu’il a chiffrés. Il ne décide cependant ni des garanties du contrat ni du montant final de l’indemnisation.
Que faire si l’assurance ne répond pas à la réclamation ?
Après les démarches préalables auprès de l’assureur, une saisine de la Médiation de l’Assurance peut être envisagée lorsque le litige entre dans son champ de compétence.
Une contre-expertise se gagne surtout avec des faits vérifiables
Lorsque 5 000 ou 10 000 € séparent le devis du couvreur de l’évaluation du sinistre, la tentation est de transformer immédiatement le dossier en affrontement entre l’entreprise et l’assurance.
Ce n’est généralement pas la méthode la plus efficace.
Le dossier devient beaucoup plus solide lorsque chaque différence peut être reliée à un élément concret :
- une photographie ;
- une mesure ;
- une quantité ;
- un document technique ;
- une contrainte d’accès ;
- une explication de méthode ;
- un dommage découvert après dépose.
Pour le couvreur, l’objectif n’est pas de se substituer à l’expert ou à l’assureur. Il est de produire un dossier de chantier suffisamment précis pour que ses travaux puissent être compris, vérifiés et discutés poste par poste.
Avec CouvrAppy, les artisans peuvent centraliser les photographies d’un sinistre, conserver les documents associés au chantier, structurer leurs devis et retrouver l’historique des échanges et interventions. Demandez une démonstration de CouvrAppy pour découvrir comment mieux documenter vos dossiers de toiture.
